Moix / Sollers, le choc des titans

Publié le par La Vipère



L'épidémie s'étend, on n'y échappe plus : Sollers partout !

1. En chat sur le site du Monde, le 20 janvier prochain - il raconte déjà n'importe quoi lorsqu'il prend le temps de réfléchir, alors pensez, comme ça, en ping-pong ! Ca va être beau !

2. En chair et en os, neuf jours plus tard, à la Mairie du sixième arrondissement, pour une mise en scène de bon goût, bien dans sa manière (c'est Grégoire Leménager qui nous l'apprend, sur Bibliobs) : un faux tribunal, dirigé par Alexandre Duval-Stalla, jugera s'il faut "bannir l'accusé de la République des Lettres, ou de le condamner à continuer à œuvrer pour le culturisme" - avec Clara Dupont-Monod et Sébastien Lapaque en assesseurs et, ô surprise, la vieille Jo en... procureur. Ah ! Comme c'est drôle, comme c'est bonenfant ! Comme l'on rit, déjà !

3. Dans Le Point, loué par l'inévitable Lambron, qui l'appelle "le commandeur" et trouve dans les Voyageurs des "pages magnifiques sur l'art de la guérilla chez Lawrence d'Arabie, le paradis rimbaldien ou la musique de Bach" (rires).

4. Dans l'Obs, sobrement (c'est heureux) présenté par Fabrice Pliskin que l'on imagine en service commandé, et pour qui l'on a du coup une pensée vaguement émue - être obligé, parce que le patron l'a demandé, de ne pas dire de mal d'un livre dont, comme l'on a plutôt bon goût, on ne saurait penser le bien que l'on dit...

5. Dans le feuilleton figaresque de l'intolérable Moix ce jour, enfin, où l'on constate que naturellement les nullités se reconnaissent au flair, s'attirent et s'apprécient :

"On croit toujours qu'un écrivain, c'est quelqu'un qui raconte, commence Mouax. Non, désolé : un écrivain, c'est quelqu'un qui pense".


Ca ne veut rien dire, ça ne mange pas de pain, c'est parfait pour commencer un article. On dirait du Sollers, tiens ! A ceci près qu'on doute que Sollers pense, ou pense droit - mais c'est un autre sujet.


"On aurait tort de laisser la pensée aux philosophes, qui ne sont finalement que des professeurs. Quand ils n'expliquent pas la pensée de leurs grands prédécesseurs, ils expliquent la leur : quelqu'un qui explique une pensée est quelqu'un qui ne pense pas. Seul, face au monde, se dresse donc l'écrivain, le vrai. De la vision du ­monde d'un philosophe, il ne ­reste que le monde, ce qui n'a aucun intérêt. De la vision du monde d'un écrivain, il reste avant tout la vision, ce qui n'a pas de prix. C'est là le sujet des Voyageurs du temps de Sollers : si aujourd'hui tout le monde vise la même chose, c'est parce que tout le monde vise de la même façon".


Pour la prochaine séance, vous répondrez aux questions suivantes :

1. En quoi Yann Moix nous aide-t-il à mieux appréhender la question "Qu'est-ce que la philosophie ?" ?

2. Trouvez-vous justifié le rapprochement des termes suivants : "Philosophie" / "Pensée" / "Philippe Sollers" ?

3. Rédigez, en 5 lignes, un pastiche de Yann Moix.


"[...] Si je pouvais habiter, à l'année, dans une toile de ­Watteau, dans l'Embarquement pour Cythère par exemple, ou passer deux mois de vacances dans Anna Karénine, ou encore un week-end dans Satin Doll de Duke Ellington, je serais un voyageur du Temps tel que Sollers le définit."


Suggestion : et 50 ans sur le radeau de la Méduse, Moix, ça ne vous tente pas ? Loin de Paris ? Loin du Figaro ?


"[...] Qui se donnera la peine de lire « vraiment » Les Voyageurs du temps ? Sollers n'est pas dupe : « presque » personne."


Et il en est soulagé, vous pouvez me croire !


"[...] je voudrais ­juste attirer l'attention sur ce fait majeur : au milieu du brouhaha et des rires, du second degré et de la vulgarité ambiante, Philippe Sollers, qu'on le veuille ou non, vient de lancer, depuis la Dogana, une bouteille à la mer du temps : ce livre. Que vous l'achetiez ou pas, que vous le lisiez ou non, aucune importance. Il se trouve que c'est peut-être un chef-d'œuvre. J'en sors bouleversé."

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