Alexandre a honte

Publié le par La Vipère



Sur Bibliobs, le divin Alexandre Jardin nous explique, référence au beau livre de Fernandez sur son Ramon de père, comme il est difficile de porter le nom d'un collabo - son grand-père était dans le bureau de Laval.

"Porter le nom d'un collabo...", dit le titre.

Osons la perfidie facile : lequel, du grand-père ou du petit-fils, a le plus contribué à rendre importable le nom Jardin ?

"Porter le nom d'un auteur nul..."

Ah ! Pardonnez à la Vipère cette blague idiote, qu'elle n'a pas résisté à la tentation de faire. C'est que notre semaine a été rude - qu'on en juge par ce qui précède...
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Moktarama 09/01/2009 21:15

Je me suis mal exprimé, alors je vais préciser : cette monstruosité dont Jardin feint la découverte surprenante (puis le rejet) , est tapie au sein de la nature humaine. Elle en fait intrinsèquement partie, et croire que celle-ci ne pourrait pas nous concerner (collabo, moi ? Pfff !) est dangereusement illusoire.

En ce sens, pointer son grand-père comme "monstrueux" - surtout quand celui-ci semble avoir fait des choix bien plus complexes que ce qui est induit chez le lecteur - , c'est en quelque sorte dédouaner l'Homme (et se dédouaner au passage) de son fonctionnement.

Cette monstruosité (qui n'est pour moi pas "monstrueuse" mais simplement une des deux faces de la nature humaine) peut être active, ou passive, ressortir plus ou moins en fonction des périodes de l'histoire, en fonction bien évidemment des individualités et de la "psychologie de la masse" du moment, mais croire en son absence chez soi ou chez d'autres ou la pointer grossièrement comme si on pouvait désigner les "bons" et les "mauvais", c'est tout simplement se voiler la face.


Des livres comme "les Bienveillantes" , ou "l'honneur des hommes" vous font ressentir mieux que n'importe quel livre d'histoire cette complexe vérité, dure mais indispensable à comprendre.

Cécile de Quoide9 09/01/2009 20:44

"La monstruosité, c'est la nature humaine"... Hum... attention avec une formule de ce genre tu risques toi aussi de frôler sinon plus le manque de profondeur que tu reproches à Jardin... Comme quoi nul(le) n'est à l'abris...

Moktarama 09/01/2009 20:30

Visiblement, le tabou de la collaboration est toujours fort...pour ma part, je pardonne aisément à la Vipère cette blague idiote.

Histoire d'apporter quelque chose, je recommande le roman "L'honneur d'un homme" d'Allan Massie, qui a pour sujet le destin de deux frères, l'un parti en Angleterre et l'autre ayant choisi de rester en France et de participer au gouvernement de Vichy. On y découvre des situations ni aussi blanches ni aussi noires qu'on aimerait les croire, où des hommes font des choix bien faciles à juger a posteriori. Il ne faut pas oublier qu'un certain nombre de collaborateurs ont fait le choix conscient de rester en France, pensant qu'ils seraient plus utiles pour la survie des français qu'en Angleterre...l'histoire leur donnera cruellement tort.

En l'occurence, après prise de renseignements, j'aurais tendance à penser que le grand-père d'Alexandre fut bel et bien un de ces sincères fourvoyés, vu son histoire personnelle avant, pendant et après la guerre. Je ne suis dès lors pas certain qu'Alexandre parle correctement de son père, et j'aurais tendance à le mépriser plus que ce dernier, notamment pour son manque de profondeur qui se révèle éclatant à la fin : "Et comme Jean Jardin n'avait pas l'air d'un monstre, et ne l'était pas, je sais que la monstruosité est dormante. "

La monstruosité, c'est la nature humaine, en se mettant en opposition il montre qu'il n'a rien compris. Quand on écoute trop les "nouveaux philosophes" , on en arrive à ne plus penser que grossièrement, et ça finit toujours par se voir. Mais on va me dire que je suis méchant :-)

Cécile de Quoide9 09/01/2009 14:59

Il y a des amalgames qu'on devrait éviter, même au nom de l'humour vache et de la langue piquante... Ne penses-tu pas ?

Cécile de Quoide9 09/01/2009 14:58

être un auteur nul n'a en soi de conséquences que pour celles et ceux qui ont la bêtise de choisir de le lire... Rien de grave donc, pas de quoi salir un nom...