Le Moix du jour

Publié le par La Vipère



Florilège du Moix du jour - sur Olivier Adam, qu'il cogne. (Nous qui cognons sur Moix, nous ne lui reprocherons certes pas de tirer sur des ambulances).

D'abord ceci, qui n'est guère fin :

Olivier Adam n'a pas de chance. Lire son roman après Les Voyageurs du temps, de Sollers, c'est un peu comme tomber sur une chanson de Raphaël en sortant d'un concert de Lou Reed.


Pour Sollers, on aurait dit plutôt "d'une performance de Brigitte Fontaine", mais soit...


J'ai de plus en plus de mal avec les romans qui racontent des histoires qui auraient pu indifféremment se dérouler en 1938, en 1954 en 1979 ou en 2024.


Les sujets universels, en effet, sont rarement de bons sujets.


Je préfère, de toutes mes forces, les digressions intimes, les sorties de route fulgurantes, les parenthèses visionnaires, les catalogues inopinés de subjectivité, les intrusions perpétuelles du moi, fût-ce au sein d'un récit ficelé, aux trames impeccables et appliquées, aux chapitres studieusement imbriqués, aux paragraphes scolairement respectueux de l'intrigue.

Tout cela parce que vous n'avez jamais été fichu d'en faire un, un roman scolaire, Moix ? Adam est certes inodore et incolore, mais n'a-t-il pas ce minimum de savoir-faire que vous, peut-être, aimeriez posséder ? Mais je vous impute des arrières-pensées sans fondement, sans doute. Plus loin, vous continuez pourtant sur ce terrain :

Raconter une histoire est quelque chose de très difficile, et les efforts de notre ami, pour vains qu'ils m'apparaissent, sont louables. Mais je prétends que ne pas raconter une histoire est plus difficile encore.

Mais en avez-vous jamais raconté une, Moix ? Le meilleur dans votre feuilleton du jour, le voici cependant :

La littérature, je serais bien incapable de vous dire ce que c'est.


Nous savions que vous écririez cette phrase un jour. Allez savoir pourquoi !


Chez Adam, quand on bâille (ce fut souvent mon cas) c'est évidemment « à s'en décrocher la mâchoire ». Et lorsque la mer s'étend c'est à… C'est à ? Je vous le donne en mille : « à perte de vue », bien sûr. Et, dans la même phrase, l'air qu'on respire est inéluctablement « frais et chargé d'embruns ».


Attention, Moix, vous faites ici votre métier de critique... Cela pourrait vous mener loin... Vous finiriez un jour par écrire un bon papier, prenez garde...


Mais vous concluez sur une avalanche qui nous rassure :

C'est suranné, c'est rassurant, c'est confortable. C'est écrit face à la mer, mais ça ne fait pas de vagues. C'est gentil, c'est poli, c'est policé. Ça préférera toujours Gide à Proust, Aragon à Céline, Eluard à Artaud.


Voilà qui a du sens, et de la gueule ! Eh ! Ca vous pose un critique, ça, non ? Je continue, sur le même mode : Sartre à Sachs ! Mauriac à Malraux ! Delors à Mitterrand ! Britney Spears à Laurie ! Souchon à Voulzy ! Et j'en ai cent comme ça en réserve !

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Thierry Tuborg 16/01/2009 13:32

Ah ben non, finalement, la photo du nez rouge de Moix a été rétablie... Elle avait disparu dans la matinée...

Asie en Lumières 16/01/2009 13:23

Asie en Lumières – salon des littératures asiatiques

un rendez-vous autour des lanternes pour ouvrir des livres et s’ouvrir aux cultures d’Asie.

L’Association Asie en Lumières crée l’évènement à LOGNES, le 31 JANVIER 2009, de 10h à 18h, au Centrex (allée des Marronniers, à 5mn à pieds du RER).

Dans « la ville du dragon », le salon accueillera le public pour des rencontres avec des auteurs, des illustrateurs, des éditeurs, des lecteurs, des images et des livres !

Seront au rendez-vous avec leurs livres, Caroline Riegel, Caroline Barraud, Sumana Sinha, Frédéric Clément, Véronique Brindeau, Roland Lin, Christian Petit, Agnès Giard, Hoai Huong Nguyen, Fabien Tillon, Adrien Gombeaud, Chun-Liang Yeh, Loïc Barrière, Mélusine Thiry, Yi Wang, Ngoc-Thu Flament, Magali Turquin.

Tout au long de la journée, se tiendront des conférences, tables-rondes, rencontres littéraires, ateliers divers (initiation à la calligraphie et au haïku, fabrication de lanternes, lectures et contées, etc.) pour le bonheur des petits comme des grands. Un programme rythmé par des séances de dégustation de thé incluant le rituel Gong Fu Cha. Et pour le plaisir des yeux, une exposition d’illustrations, de photographies et de dessins d’enfants.

Un salon littéraire, culturel et populaire pour goûter aux littératures d’Asie, apprécier des idées, savourer des images, se régaler de lectures.

Asie en Lumières – salon des littératures asiatiques : une première en France. À ne pas manquer !

Ouvert à tout public, entrée gratuite.

Infos pratiques et programme détaillé sur le site du salon www.asie-en-lumieres.fr (tél. de l’association : 06 60 67 62 16).

Thierry Tuborg 16/01/2009 12:18

Heu... Il semblerait que l'illustration tellement à l'avantage de Moix ait entre-temps été supprimée par lefigaro.fr !!! Une plainte de l'auteur, peut-être ?...
Enfin bref.
J'avais écrit un vrai-faux autoportrait de yann Moix, dans mon livre "L'Affaire Sotomayor". Le voici :

"Je suis un cynique. Si je m’étais rencontré dix ans plus tôt, je me serais sans aucun doute craché au visage. Mais tout va si vite dans le petit monde des médias. On commence par sentir naître en soi des objectifs symboliques et matériels totalement incompatibles avec la motivation artistique du début, et l’on devient déjà celui-là même qui révoltait l’adolescent qu’on a été. Constatant qu’un feuillet hebdomadaire torché en deux heures de temps me rapporte aujourd’hui presque autant que les royalties de mon premier roman, Jubilations vers le ciel, auquel j’avais pourtant consacré plus d’une année, je ne peux, contrecarrant l’ombre du soupçon de la dernière fermeté d’âme, que sacrifier le Grand Projet Littéraire de mon existence à la faveur de ma petite chronique.
Si j’ai été ainsi capable de me faire un nom auprès du grand public, cela n’a pas pour autant décuplé mon talent littéraire. Je n’ai jamais trouvé en moi la force intellectuelle de m’atteler à un autre bon roman. Je me contente d’exploiter mon image, tarifer au mieux mes interventions dans la presse magazine, sur les ondes et à la télévision, et continue de bénéficier de mes entrées au sein du petit cartel germanopratino-médiatique" (Yann Moix).

Jasper 16/01/2009 11:48

Ahaha! la main pinçant le menton...le regard flou vers la ligne bleue des Vosges littéraires...fallait oser! Mais on le sait : Yann Moix ose tout. C'est à ça qu'on le reconnait.

Thierry Tuborg 15/01/2009 18:09

Ah ah ah ! La photo d'illustration est à elle seule tellement amusante (encore un lendemain de cuite ?).