Philou, encore et toujours

Publié le par La Vipère



Titre fabuleux donné par un pigiste vicelard au tchat de Sollers (auquel la Vipère se damne de n'avoir pas participé - elle avait tant de questions à poser au maître, notamment sur son orthographe) sur le site du Monde : "PHILIPPE SOLLERS : 'la connerie se porte bien'".

On ne saurait mieux dire !

Tchat plein d'énormités en tous genres, comme on s'y attend :

Personnellement, je n'ai jamais rien appris à l'école, mais tout par moi-même.

Ca viendrait donc de là...

Je passe mon temps à soutenir des écrivains plus jeunes que moi, car je n'aimerais pas avoir leur âge aujourd'hui où tout est beaucoup plus difficile. Deux noms simplement : mes camarades et amis de la revue Ligne de risque, Yannick Haenel et François Meyronnis.


Comme c'est beau, l'entraide entre générations ! Un maître qui fait signe à deux jeunes gens ! Comme c'est grec ! Et puis, Haenel et Meyronnis, voilà deux écrivains libres, qui en retour ne lui doivent rien, et qui jamais ne lui ont léché les escarpins !

A la question : "Quels sont selon vous les trois meilleurs écrivains français du moment ?", cette réponse :

C'est évidemment toujours aux éditions Gallimard que ça se passe. Deux écrivains qui ont très bonne réputation : Jean-Marie Gustave Le Clézio, récent prix Nobel, et Patrick Modianio, unanimement célébré. Le méchant troisième, dans le film, c'est moi.


Ah ! Phénoménal. Et sérieux comme tout, avec ça ! Pas une once de plaisanterie dans cette phrase ! Avec, vous notez, le petit couplet en filigrane : JMG et Modiano, tout le monde les adore (l'un nobélisé, l'autre "unanimement célébré"), moi, tout le monde veut ma peau... Eh oui ! Ni Nobel, ni unanimité pour Sollers... Même pas une Pléiade en vue (il paraît qu'Antoine Gallimard répondrait à ses assauts récurrents par un humiliant : "Peut-être un Quarto")... C'est un complot, forcément ! Ce n'est certainement pas parce qu'il est un auteur nul !

Sur la virulence des critiques à son égard, réponse classique :

Il y a un fond fasciste français qui est loin d'avoir disparu et qui est prêt à remonter à la surface à la moindre occasion.

Qui dit son fait à Sollers est fasciste. Evidemment ! Chacun le sait bien.

Sur les revirements idéologiques d'innombrables intellectuels, "comme vous", dit la question :

Je ne suis pas un intellectuel, Dieu m'en garde ! Je suis un écrivain qui fait très exactement ce qui lui plaît au moment où ça lui plaît. Position peu respectable, j'en conviens.


Et voilà ! Parce qu'il est "écrivain" et pas "intellectuel", Philou peut dire n'importe quoi, n'importe quand, sur n'importe quel sujet, aller en Chine puis baiser l'anneau papal, vénérer Marx puis voter Balladur, et exiger qu'on l'applaudisse pour sa formidable liberté ! Plus loin, encore :

Je ne suis pas un intellectuel. Le concept de responsabilité m'est totalement étranger. Un écrivain, contrairement à ce qu'on lui répète tous les jours, n'a pas à se préoccuper du bien ou du mal en cours. Il décrit, il montre, et il pense. C'est très suffisant.

C'est évident ! L'écrivain, il n'a pas besoin d'avoir une droiture, des principes ! Réponse à mettre en relation néamoins avec la précédente, où il est question de Ramon Fernandez "que l'on voit défiler avec le porc Doriot dans les rues de Paris" : quand Fernandez s'égare, c'est de la cochonceté mentale ; quand Sollers s'égare, c'est sa liberté, il a le droit, il est écrivain. Certes, me direz-vous, il ne s'est pas égaré dans les mêmes endroits, Mao n'est pas Doriot, etc. Vieux débat... Passons, comme il dit.

A un internaute s'étonnant que le jour même de la sortie, toute la presse fasse son éloge :

Il y a eu quand même les insultes habituelles.

Référence au papier de L'Express, à celui de Lire. Note pour plus tard : émettre des réserves à l'endroit du génie de Sollers, c'est l'insulter. Toute une posture dans cette idée.

Vient ensuite ce nouveau chef-d'oeuvre :

Roth sait de quoi il parle, notamment lorsqu'il a dit qu'il y avait un seul écrivain français intéressant, moi.

Il paraît que Salinger le dit aussi, mais Sollers ne veut pas que ça se sache...

Enfin, à l'internaute Jean, qui veut savoir quoi ne pas lire :

Pratiquement tout de la production contemporaine. Vous n'avez pas de temps à perdre. Revenez vite aux classiques de tous les temps.

Eh bien ! La Vipère adhère à ce mot d'ordre ! Un tchat qui finit bien ! Qu'on s'exécute ! Qu'on revienne aux classiques, et qu'on zappe le gros Philou !
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Commenter cet article

alba tross 23/01/2009 20:22

Saine perfidie.