Les haines entre écrivains

Publié le par La Vipère



Dans L'Express, captivant article collectif sur les haines entre écrivains, à propos du livre d'Anne Boquel et Etienne Kern.

La Vipère, elle, ne hait personne, mais elle arbitrera volontiers ces conflits amusants recensés par le papier.

1. Patrick Besson vs Philippe Besson. "Patrick Besson l'a bien compris, écrit L'Express, l'homonymie peut être source de running gag. Alors, il flingue systématiquement son confrère romancier Philippe Besson". Un post-post-hussard de plus en plus aigre et de moins en moins drôle (mais l'a-t-il jamais été ?) d'un côté, qui cache la nullité globale de son oeuvre derrière des chroniques surabondantes ; de l'autre un businessman bien coiffé, sorte de sur-Marc-Lévy qui a compris quoi faire pour plaire et, de fait, plait. "Il ne mérite pas ce beau nom de Besson", dit l'un de l'autre. En effet, ce nom est humiliant. (Et pas à cause du Ministre homonyme). Verdict : ni l'un ni l'autre, match nul.

2. Angot vs Laclavetine, depuis le refus par Laclavetine d'un manuscrit d'Angot (1995), différend confirmé en beauté chez Pivot dans la confusion et les postillons hystériques de Madame (1999). La Vipère n'est guère emballée par Laclavetine, dont le célèbre Première ligne était une honte, mais elle l'est tellement moins par l'autre folle qu'elle ne peut s'empêcher d'avoir de la sympathie apitoyée pour lui, qui a stoïquement fait face à son incontrôlable délire. Verdict : Laclavetine, par épuisement et crise de larmes de l'adversaire.

3. Bégaudeau vs Finkielkraut, depuis que le second trouve le premier une incarnation de la pensée-sympa-pédago et des causes de la faillite de l'école française. Constat numéro 1 : Finkielkraut a raison. (A supposer même qu'il ait tort, Bégaudeau est un romancier trop nul pour qu'il n'ait pas raison quand même). Constat numéro 2 : Finkielkraut a tellement tort sur d'autres sujets et parle tellement à tort et à travers qu'il en est devenu aussi insupportable que son cadet, ce qui n'est pas une mince performance. Verdict : ni l'un ni l'autre, match nul.

4. Ndiaye vs Darrieussecq, puisque la seconde, habituée du plagiat (cf. l'affaire Laurens), aurait copié la première. La Vipère trouve NDiaye un auteur un peu surestimé (notez le "un peu"). Mais aussi, la Vipère trouve Darrieussecq un auteur très, très, très, très surestimé (notez comme nous nous forçons pour n'écrire pas : "un auteur nul", "un boulet", "une baderne prétentieuse", "une bobo-Inrocks", "une plaie littéraire", etc.) Verdict : NDiaye, par défaut.

4bis. Laurens vs Darrieussecq. "Un combat entre deux agrégées de lettres, dit L'Express, aux prises avec les mêmes thématiques". Copiez-collez la solution du match n°4, y compris le mot "surestimé". (Mais enlevez "un peu", pour Laurens).

5. Sollers vs Jourde, depuis que le second a osé porter un coup de canif dans la statue du premier (La littérature sans estomac, 2002), premier geste d'une longue épopée critique qui l'a conduit à diverses déconvenues, à la notoriété, aux insultes de la vieille dame du Monde (comment s'appelle-t-elle, déjà ? Ah ! Oui : Josyane Savigneau) et, in fine, à la lassitude. Quant à Philou, visiblement, il ne s'en porte pas plus mal, puisque la presse aveuglée continue de le porter aux nues et que lui peut déblatérer ses imbécillités sans que personne ne trouve rien à redire. Verdict : faut-il vraiment l'expliciter ? Bah !

6. Houellebecq vs Assouline, puisque c'est à cause de l'interview publiée dans le canard du second (Lire) que le premier a eu ses petits ennuis avec les barbus. Aujourd'hui, l'un et l'autre sont deux hommes de lettres sur le retour, manifestement impécunieux, presque miséreux : l'un est obligé de publier les commentaires que les internautes ont l'amabilité de laisser charitablement sur son blog et de quémander ça et là une pige à l'Obs ou ailleurs, l'autre se traîne misérablement à la TV dans un anorak miteux de l'armée de salut et trottine derrière BHL pour récolter les miettes de ses cocktails. Un peu pathétique dans les deux cas mais enfin, Assouline fait davantage d'efforts pour rester propre que Houellebecq. Verdict : Assouline, par défaut.

La semaine prochaine, La Vipère continue d'arbitrer ! Au programme, les matchs suivants :
- Nelly Kaprièlian vs Sylvain Bourmeau, pour la palme du critique le plus bête ;
- Olivier Adam vs Arnaud Cathrine, dans la catégorie "jeunes hommes sensibles, écriture blanche, poids léger" ;
- Les écrivains français contemporains vs l'idée de littérature ;
- Et d'autres encore ! Des heures de sport en perspective !


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Commenter cet article

El Konstriktor 23/01/2009 11:25

Dans mes bras! Dans les bras, Vipère (euh...enfin...)!
Tu as décidé de mordre les chevilles enflées de nos précieuses ridicules et tu as SSSSSSSSSSSSSSSent fois raison. Sisssssi!...Continue, je te ssssssssuis.

El Konstriktor

sirius 22/01/2009 17:37

Pauvre Jourde, je viens de découvrir sa "littérature sans estomac" et j'ai bien rigolé. Mais qui lit encore Sollers ? Est-ce qu'on a les chiffres de vente ?

Dahlia 22/01/2009 13:39

"Il ne mérite pas ce beau nom de Besson",

C'est clair y a que des grands qui le portent! Luc Besson, Eric Besson...