Un jeu pour finir la semaine : Moix lu par Moix

Publié le par La Vipère



Fulgurante descente du roman de Philippe Djian par Yann Moix, dans son feuilleton du Figaro, cette semaine.

Ce serait d'un autre, on rirait de bon coeur. Mais venant de Moix, c'est plus fort que nous : on ne peut pas s'empêcher de retourner chaque argument contre l'auteur et contre son oeuvre. On sait bien qu'il ne faut pas confondre un critique et son oeuvre littéraire, qu'un romancier nul peut être un bon lecteur, que c'est de la mauvaise foi, etc. Mais là, non, rien à faire : avec Moix, on ne résiste pas !

Petit jeu, donc : à chaque vanne lancée contre Djian par Moix, remplacer "Djian" par "Moix".

Et là, joie ! Ca marche encore mieux ! Jugez plutôt !

Une jolie daube hivernale (c'est le titre de l'article - qu'un roman de Moix sorte en hiver, vous verrez, ça marchera aussi.)

Le problème avec [Philippe Djian] Yann Moix, c'est que son dernier roman en date est toujours le pire. À côté du dernier, le précédent serait presque passable, et celui d'avant encore, seulement médiocre. [Philippe] Yann ne régresse pas dans le moyen : il progresse dans le nul (ça marche quand même mieux avec Moix qu'avec Djian, non ?)

Dans [Impardonnables] Panthéon, qui est vraiment un très, très mauvais livre... (Pareil).

Mais inutile de parler de Gombrowicz avec [Philippe] Yann : son obsession à lui, c'est [Hemingway] Mitterrand. Dans son roman, dès qu'un personnage s'assied sur un canapé, c'est un canapé où s'est assis [Hemingway] Mitterrand. Tu croises une grand-mère ? Ce fut la maîtresse [d'Hemingway] de Mitterrand, dis donc. Djian a chez lui les chaussons [d'Hemingway] de Mitterrand, le briquet [d'Hemingway] de Mitterrand, son caleçon, une douille, une vieille cravate jamais mise. Il a tout [d'Hemingway] de Mitterrand ; sauf le talent. (Pareil).



Je vois que la presse a déjà chanté les louanges de cette jolie daube hivernale, et j'ai désormais la preuve absolue que la plupart des critiques ne lisent pas : car il est humainement impossible, impensable de dire du bien, si on l'a honnêtement, scrupuleusement, intégralement, consciencieusement, laborieusement lu, de ce bavardage stérile de vieil ado cabot rempli de petits matins difficiles et de soleils couchants, de digressions sexuelles gratuites et moches, de lieux communs inimaginables, pardon, très imaginables au contraire (car ce sont des lieux très communs). (Pareil).


[Philippe Djian] Yann Moix, [...] c'est du travail qui ne travaille pas et voudrait que la critique travaille à sa place en lisant ce qui n'a pas été écrit. (Pareil, ô combien...)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Laetitia HUET 25/03/2009 15:46

Chaque opinion se respecte mais là, je tombe des nues, jamais je n'ai lu de livres plus beaux que ceux de Yann Moix dans la littérature contemporaine et bien avant. C'est donc une querelle de lecteurs. J'accepte que vous descendiez son oeuvre car vous avez tous les droits. Tout avis est bon à dire. Bien sûr Yann Moix est véhément, impulsif, parfois cruel, tout ce que vous voudrez, mais s'il ne l'était pas, il n'écrirait sans doute pas des mots aussi beaux... Bref, je trouve votre opinion erronée mais je la respecte ! ;)

Franck Pélissier 26/01/2009 10:57

Bonjour,

Yann Moix ne vole décidément pas très haut. J'ai choisi de laisser un commentaire sur son "article" sur le site du Figaro, mais comme je ne sais pas s'il sera ou non publié, je vous le transmets, en exclusivité presque mondiale !

"Balayer devant sa propre porte..."

Philippe Djian a au moins le mérite d'avoir écrit quelques grands livres. Chez Moix, on les attend encore. A défaut d'en être capable, il peut toujours déverser sa bile dans les magazines et masquer sa cruelle absence de talent en publiant de pauvres critiques vengeresses... Minable. Moix n'est qu'un minable. Point barre.

Thierry Tuborg 24/01/2009 14:07

Philippe Djian, hier soir dans "Café Littéraire" sur France 2 : "Les mauvaises critiques, c'est très bien, c'est bon pour l'ego."