Même Cessole, hélas !

Publié le par La Vipère



Après Lançon, décidément ! Les meilleurs n'échappent pas à la sollersite... On se croit immunisé par son bon goût, et paf ! Elle vous frappe de plein fouet, vous mène à aligner les sottises... Bruno de Cessole, cette fois-ci, dans Valeurs actuelles...


La position ou la posture du tireur, qui nierait qu’elles appartiennent à la panoplie de Philippe Sollers, ce sagittaire à l’œil juste qui n’a jamais manqué de cibles ?

L'œil juste ? Pfff... Tireur ? Au flanc, certainement !

Tout est jeu dans ce livre agaçant et brillant, où Philippe Sollers se livre, à la façon de Glenn Gould, à des improvisations sur...

A la façon de Glenn Gould ? Ah, pitié ! Sollers pollue déjà Lautréamont, Kafka, Nietzsche, Breton et cent autres, ne compromettons par Gould en plus !

Prendre au pied de la lettre les vantardises d’un Love­lace tortu et ferrailleur, se laisser prendre à l’opposition par trop manichéenne entre la Bête, nonchalante et amorale, « qui est » (id est le narrateur), et les Parasites, inquisiteurs et moralisateurs, qui « vou­draient être », ce serait faire le jeu de ce manipulateur roué, qui a su adapter à son temps les préceptes de Baltasar Gracián.

Ah. Bon. Je crois identifier votre problème, M. de Cessole : vous prêtez à Sollers une profondeur qu'il n'a pas, et cherchez à toute force une complexité cachée derrière ses cabrioles ridicules. De peur d'avoir l'air bête, vous trouvez, évidemment.

Au-delà des apparences mon­daines, il faut surprendre la Bête dans sa tanière, dans ses bureaux sous les toits de Paris, parmi son arsenal défensif de livres, de tableaux, et de musique. C’est là que, toisant du haut de son Olympe la plèbe des Parasites, elle a rendez-vous avec les « voyageurs du temps », cette pléiade de grands hommes qui ont laissé, clos dans une bouteille abandonnée au gré des flots ou enfouis dans les strates des siècles, leur message salvateur. C’est avec eux que Sollers dialogue – renouvelant l’art de la citation cher à Montaigne et à Walter Benjamin – et, ce faisant, réintroduit dans un livre d’où il semble scandaleusement absent, le charme captieux d’un romanesque de l’intellect.

Note pour plus tard : confier ce morceau à notre traducteur critique / français - français / critique, en guise de test.

M. de Cessole, nous ne vous félicitons pas ! Vous gâchez des mois de belles chroniques sur Chesterton et autres grands par cette faute de goût caractérisée ! Il est aimable, votre rédacteur en chef, de vous laisser lécher ce cuistre que votre journal dénonçait il y a quelques semaines comme un imposteur de notre temps (vous lui donnez d'ailleurs l'occasion, à votre rédacteur en chef, de se féliciter à ce sujet de l'ouverture de Valeurs actuelles, dans son éditorial... Valeurs, ouvert ! On aura tout vu !)

 

A titre de punition, nous vous donnons un prix littéraire.

 

Hein ? Comment ? Vous venez précisément d'en avoir un ? Les Deux-Magots ?

 

Bah !

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Des gouttes pour pépère 04/02/2009 13:31

La plaisanterie court que chaque asile de fou a son Napoléon. Celui-là n'en finit pas de se croire Guy Debord.