Editeurs-traders : c'est la crise pour tout le monde

Publié le par La Vipère



Propos qu'on ne peut qu'approuver, de Daniel Garcia, sur son blog, à propos de l'enquête mise en couverture ces jours-ci par Marianne (on dira ce qu'on voudra sur ce journal souvent horripilant, quel autre a le front de mettre Angot, Houellebecq, de Caunes et d'autres en couverture en titrant sur les bides dont on se félicite, et qui "trahissent une vraie rupture" ?) :

Côté édition, on connaît déjà les lauréats, le BHL-Houellebecq et le Angot se disputant ex-aequo la première place du podium. Et de rappeler les à-valoir disproportionnés reçus par ces auteurs. Mais Marianne a cette phrase étonnante : « Le public ne comprendra jamais que les médias se déchaînent autour des résultats comptables d’un livre, ni cette indignation vengeresse ». Peut-être - dans l’hypothèse où l’on se contente de livrer crûment les chiffres. Car ces exemples auraient mérité une analyse fouillée dans la presse. Depuis l’éclatement de la crise financière, on a beaucoup parlé des « actifs toxiques » des banques, en matière de crédits immobiliers. L’édition aussi, a ses actifs toxiques. Quand un éditeur consent à un auteur un à-valoir sans commune mesure avec les ventes réelles de ses précédents ouvrages ; quand ce même éditeur, pour tenter de rentrer dans ses frais, mise toute la communication de sa rentrée littéraire sur cet auteur ; quand enfin le roman en question est nullisimme
(oh que oui !), outre que le déficit d’image, pour l’éditeur, est énorme, il a raté une belle mise en valeur de son travail éditorial d’ensemble, en misant tout sur un canard boiteux. La propagation de la crise à tous les secteurs de l’économie, y compris probablement le livre, aura raison, espère-t-on, de ces pratiques absurdes.

L'édition a ses Kerviel au petit pied, ses éditeurs-traders prêts à signer des chèques à six chiffres à des auteurs pourtant nuls - parce qu'ils croient, sans doute, que chacun des clients qu'ils rencontrent au Flore lorsqu'ils se voient en achètera un stock de 1000... Des éditeurs fous, en somme, dont la cupidité ne se mesure pas à l'appétit d'argent mais à celui de gloire médiatique, et dont la gestion est absurde comme celle des branleurs en chemise blanche de Wall-Street...

Et si son supprimait leur bonus ?
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Diversité le matin, diversité le midi, diversité le soir 12/02/2009 13:39

"le tir médiatique implacable qui s'est opposé au lancement des histoires d'une bourgeoise et d'un noir"

On aimerait que ce soit de l'humour.

Zoë Lucider 10/02/2009 21:18

une erreur s'est glissée dans mon lien si vous cliquez vous débarquez n'importnawak.
Pardon me

Zoë Lucider 10/02/2009 21:03

BHL ML CA, mais que leur trouve-t-on. Aussi pompeusement prétentieux que mortellement ennuyeux. Brésil, quel pensum. J'ai lâché MH après les particules. Il vous tire vers le fond du fond. Quant à BHL, le personnage me prémunit de m'intéresser à ses dires. J'ai sûrement tort , ça s'appelle délit au faciès. Je découvre la vipère, j'y reviendrai

X. du sérail 10/02/2009 17:33

Comment êtes vous si sûr que Flammarion perdra un centime d'euro sur le BHL/Houellebecq ? Les éditeurs étrangers se sont battus le morceau, ont fait monter les enchères. Les ventes grand format continuent. Les droits de vente poche ont été vendus à un tarif record, et les ventes ne devraient pas être mauvaises, on parle ici de deux grosses pointures hexagonales... Quant au cas Angot, les éditeurs ne pouvaient pas prévoir le tir médiatique implacable qui s'est opposé au lancement des histoires d'une bourgeoise et d'un noir... le livre aurait dû faire un score de ventes et la mise n'était pas si extravagante. Là, encore, on demande à voir l'exercice réel à la fin de l'année, mais le Seuil sera loin de perdre beaucoup.
Votre blog est sympatique, mais par moments vous devriez faire attention à la wratisation.