Samedi 7 mars 6 07 /03 /Mars 20:47


Il y avait jadis dans les Guignols de l'info, avec la marionnette de Marc-Olivier Fogiel, celle d'un animal sinistre et charmant : Zaza, sa hyène de compagnie, bestiole qui ricanait follement à chaque vanne saloparde de son maître, d'autant plus joyeusement que l'attaque était vilaine.

Je pense souvent à elle quand je lis les articles d'Aude Lancelin, la Madame "idées" du Nouvel Obs : outre qu'ils illustrent son indéniable sens de la formule, terriblement publicitaire (Aude Lancelin aime les idées quand elle peut en faire des bons mots, quand elles permettent des raccourcis bien tournés ; elle ne creuse rien de ce qu'elle lit, elle virevolte), ses papiers frappent toujours par les ricanements qu'on y entend, par les petites vannes mesquines dont ils sont pleins, les insinuations mauvaises, les procès d'intention. Et, chaque fois, me vient à l'oreille le rire infernal de la hyène Zaza, qui balance sa petite vilennie en douce, l'oeil brillant, puis s'enfuit hilare et bruyante.

Cette semaine, par exemple, à propos de l'élections des prochains immortels, elle intitule son papier : "Tocard Academy". Ha ! Excellent ! Et comme ça fait jeune, et comme c'est distancié, et comme c'est joli !

Le 26 mars, écrit-elle, l'Académie française procédera à l'élection du fauteuil 32, celui de Maurice Rheims, décédé en 2003. A cette heure, huit candidats s'empoignent pour succéder au grand commissaire-priseur et, parmi eux, quelques pièces de collection inestimables.


Et c'est parti pour une tournée de petites vannes bien basses ; celles sur Van Cauwelaert et Servan-Schreiber sont admissibles (le deuxième a, depuis, retiré sa candidature), mais celle sur Camus est parfaite :


Passons sur le cas Renaud Camus. A la droite extrême du Quai-Conti, il serait injuste de priver Félicien Marceau d'un bon camarade de mots fléchés.


Et hop ! Rions ! N'est-ce pas drôle, cela ? Un bon mot, une bonne blague, et un Camus coiffé du chapeau d'extrême-droitier, comme il se doit - mais sans rien justifier, juste comme ça, en passant, un petit coup de pied dans le tibia, un croc-en-jambe ricanant, juste pour le plaisir de jeter l'anathème. Et puis, traquer le facho, Aude sait faire ; la droite, et l'extrême encore mieux, elle la flaire, elle la repère comme un chien limier, et quand elle a trouvé la proie elle la prend au mollet pour ne plus la lâcher.

 

Camus, qui aime les chiens, sait ce que sont ces morsures-là, sans doute - fussent-elles de la hyène Zaza.

Par La Vipère
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