François "Melon" Bégaudeau : le succès, cette tragédie

Publié le par La Vipère



François Melon interviewé dans L'Express par Jérôme Dupuis.

La Palme d'Or, répète-t-il, "contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, [...] m'a plutôt nui".

C'est certain. Martin Scorcese avait dit peu ou ou prou la même chose à la fin des années 1970. Ils en parlent d'ailleurs souvent ensemble, lorsqu'ils prennent des whiskies à Los Angeles incognito. Comment ? Vous ne saviez pas qu'ils étaient potes ?

Plus généralement, pas mal de gens dans la presse ou sur le Web adorent me cartonner. C'est presque devenu un automatisme.

Ah ! Evidemment. Quand un journaliste dégomme les romans de Bégaudeau, désormais, ce sera par réflexe, par automatisme : sans le vouloir, au fond, et sans que cela doive préjuger de sa véritable opinion, qui d'ailleurs est probablement inverse. De même que quand son rédacteur en chef dit "effort" à Gaston Lagaffe il éternue, quand on dit "Bégaudeau" à un journaliste il cartonne : c'est un automatisme, ça ne veut pas dire que ses livres sont nuls !

A propos des Césars :

Ces cérémonies m'indiffèrent, comme les prix qui vont avec. Je n'arrive pas à y accorder de l'importance. Je n'avais qu'un espoir : que le film ne soit pas primé. Sinon, tout le cirque allait recommencer, au moment même où je sors un roman...

C'est certain. D'ailleurs, sortir un roman aussi, c'est ennuyeux : les gens risquent de le lire, la presse d'en parler, alors même que le succès indiffère à François, comme les gratifications qui vont avec. On imagine qu'il n'a qu'un espoir : que son roman ne marche pas. Sinon, tout le cirque va recommencer...

Question de Dupuis : "Vous avez une réputation de «castagneur», pour vous en être pris violemment à Alain Finkielkraut et, plus récemment, à Pierre Assouline, sur des plateaux de télévision..."

Réponse :

Cette réputation s'appuie sur deux épisodes, qui représentent quatre minutes de ma vie! A côté d'une huitaine de livres assez peu castagneurs, ça me paraît peu, mais ce n'est, semble-t-il, pas de mes livres que vous tenez à me parler...


Et pour cause ! Qu'en dire ?

Et pour le reste, toujours aimable, François Melon, lorsqu'il cite un long passage de son livre pour répondre à l'idée selon laquelle il écrirait un français oral :

C'est très impoli de se citer soi-même, mais, puisque vous ne faites pas le boulot, je le fais.

Mais n'est-il pas possible que si Jérôme Dupuis renonce à citer François Melon, ce soit... par charité ?
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Nos Ailes de Géant 09/03/2009 23:35

Ah ah, Vipère, je ris (et croyez-moi, c'est aussi difficile pour l'albatros que pour la vipère). Vous êtes un Chro blog ? Non ! Pas possible ! Vous ÉCRIVEZ pour Chronicart, ce sublime Télérama en devenir ? Mazette, quelle chance vous avez. Si, si, je vous assure. Enfin bon, hein. Ils se sont peut-être trompé de ligne de code, chez Chronicart.