Franz-Olivier Giesbert, le retour

Publié le par La Vipère



On se moque semaine après semaine de Yann Moix, et l'on oublie de lire Giesbert.

C'est pourtant pire.

Moix a pour lui sa sottise juvénile, son côté white-trash pathétique, cette manière unique de se suicider intellectuellement dans chaque phrase, avec opiniâtreté. Rien de tel chez Giesbert, qui n'émeut jamais - il horripile, sans plus, à longueur de papier (quand il en écrit), de livre (hélas !), d'apparitions télévisées (trois fois hélas).

Cette semaine dans Le Point, il défend... Onfray. On riait du papier de Moix sur Sollers, ce choc des titans : on frémit à l'idée de celui de Giesbert sur Onfray, ce choc des cuistres. Le médiapenseur le plus sot de France louant l'irréligieux manichéen le plus coincé du monde. Argh !

D'emblée, FOG emploie une technique géniale du journalisme d'aujourd'hui, la plus culottée peut-être : dire la vérité sur son sujet, pour donner aussitôt à entendre qu'elle est un mensonge. Lisez plutôt :


La philosophie a ceci de commun avec le journalisme qu'elle accouche d'imposteurs à la chaîne. Des pseudo-philosophes, généralement médiatiques, qui enfilent les perles et les banalités sur le bonheur, l'amour ou la mort.


Vous croyez qu'il parle d'Onfray, hein ? Non ! Précisément pas ! Génial Giesbert ! L'audace absolue ! Onfray, lui, échapperait précisément à ces travers :


Michel Onfray est à rebours de tous ces fumistes. C'est qu'il y a chez lui une sincérité aveuglante. Elle donne à ses livres cette force qui est sa marque de fabrique.


Alors ? Sidérés, non ? C'est comme si j'écrivais ceci :


"Le journalisme a ceci de commun avec la littérature qu'il accouche d'imposteurs à la chaîne. Des pseudo-journalistes, généralement multicartes (télévision, direction d'hebdomadaire, romans nuls), qui enfilent les clichés et les banalités sur la crise, les réformes et la fonction publique".


Puis que je continuais en tirant FOG de ce bourbier :


"Franz-Olivier Giesbert est à rebours de tous ces fumistes. C'est qu'il y a chez lui une honnêteté aveuglante, ainsi qu'un sens du travail et de l'investigation phénoménal. Ils donnent à ses articles cette force qui est sa marque de fabrique".


Ce ne serait pas beau, ça ? (Profitons-en pour signaler que l'expression "marque de fabrique" avait été employée voici quelques semaines par deux détracteurs de FOG, qui inconsciemment leur rend hommage : on avait parlé de ça ici).


La suite de l'article est à l'avenant. Fabuleuse. Sélection :


Pas de calcul chez cet homme [Michel Onfray]. Il ressemble de plus en plus à son oeuvre. Tout en muscles. [C'est cela, la critique selon FOG. Une question de muscles].


Michel Onfray peut être irrésistible. Il y a souvent chez lui une grâce et une générosité qui vous emportent.


Sa défense et illustration de Thoreau [...] est un morceau de bravoure autant qu'un modèle de pédagogie.


Michel Onfray continue à trousser des opus dont le moins réussi n'est pas son « éloge de Charlotte Corday » intitulé « La religion du poignard », un petit bijou littéraire (sic).


Ce livre [...] fait du bien.


Toute la hauteur de vue du critique littéraire FOG dans cette dernière phrase : tel livre est bon car il "fait du bien". Les jurées Femina (qui ont couronné Fournier parce que son livre "fait du bien aux gens") font école. 


FOG : il n'est pas né, celui qui le battra sur son terrain !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article