Votez Lalanne

Publié le par La Vipère



La vidéo est partout en ligne, mais enfin, la voici de nouveau, puisqu'elle est drôle.

Episode cocasse, et symptomatique, d'une certaine manière.

Symptomatique de ce que Naulleau & Zemmour expliquent rituellement presque à chaque fois (en tous cas, dans toutes les émissions que la Vipère a vues) devant des gens ("artistes", public) pour qui ça ne va pas de soi : ce que c'est que le rôle d'un critique, un jugement de valeur, une opinion, etc.

Que ça ne va vraiment pas de soi pour beaucoup de monde, c'est ce que montrent jusqu'à la nausée les saillies touchantes de Lalanne & Bigard, sur le mode enfantin que l'on connaît bien : "Tu as le droit de dire que tu n'aimes pas, mais pas que c'est nul" (l'art - le terme n'est pas bon s'agissant de Lalanne, mais passons - ramené au niveau de la carotte râpée dans les cantines : "Tu as le droit de dire que n'aimes pas, pas que c'est dégueulasse"). (De Bigard, réécouter la comparaison éclairante avec la thérapie. Saisissant).

Symptomatique, aussi, que leur travail (quoi qu'on puisse en penser par ailleurs), méritoire, est vain : on ne parle pas grec avec un japonais, ni allemand avec un lapon, ni on n'essaye de faire entendre à Lalanne ce que c'est qu'une critique, sans qu'il pète les plombs. C'est l'aspect tragique du sacerdoce de nos deux néo-Guignolisés : ils tentent d'évangéliser des âmes inévangélisables, en terrain hostile (la télévision, avec les applaudissements du public derrière) qui plus est.

(A la décharge de Lalanne, il n'y a pas de bonne réaction : on n'a pas à répondre à une critique, le dispositif est impossible, le débat critiqueur-critiqué n'existe pas en art - étant entendu qu'en ce qui concerne Lalanne, le terme "art", etc. Le concernant, il aurait d'ailleurs mieux valu qu'il s'en tienne à ce principe. Soit).

Travail impossible, donc. On peut trouver ça beau, si on veut, et même sacrificiel : s'engueuler avec Lalanne au lieu de lire Magris, c'est pousser l'abnégation bien loin. Bravo.

Mais quoi ! Après tout, cela donne des séquences comme celles-ci, qui en disent long sur beaucoup de choses, et qui sont irrésistibles. Ce n'est pas rien, non ?
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Tietie007 11/07/2009 06:56

Sacré Francis !

Thierry+Tuborg 01/05/2009 18:50

Kamoulox !

Valentin K. 01/05/2009 10:23

"j'espère of course ne pas être désagréable."
Voilà qui est français, bien construit et d'une remarquable cohérence pour conclure un post d'une exquise clarté.

fab 01/05/2009 01:38

la vipère littéraire m'étonne! outre les déficiences de construction syntaxique honteuses pour un professionnel de la plume, je remarque dans la pseudo définition de la critique que le jugement de valeur est associé à une opinion...soit la vipère dévoile ici une conception relativiste de la critique, soit elle oublie - et c triste - les plus élémentaires différences de nature entre les modes de pensée. je ne m'explique pas davantage, je suppose que n importe lecteur qui s intéresse à la question littéraire sait parfaitement de quoi je parle. dommage que la couleuvre ait si peu de choses à dire, et si mal sur un problème si profond dans le champ de l art...j'espère of course ne pas être désagréable.

cata 30/04/2009 23:30

Son oncle poète urugayen. Sorry. Pas un grand père chilien, pourtant je crois bien que son grand père était lui aussi poète.