Le mauvais français, une valeur d'avenir
/http%3A%2F%2Fappy.ecole.free.fr%2Favap%2Fdictee690509.jpg)
Que ne vois-je, lorsque j'ironise sur la syntaxe approximative de certaines phrases de Philippe Sollers dans son dernier roman ou sur celle du vibrionnant David Foenkinos sur son blog, que ces deux-là sont en réalité simplement modernes ? Qu'eux sont de leur temps - et peut-être même en avance, déjà dans l'avenir ?
Car si l'on en croit ce qu'on lit, l'orthographe et le bon français, de l'avenir, ils n'en ont aucun. Aucun ! A preuve, ce constat terrible dans le Figaro :
L'association Sauvez les lettres a réalisé à la rentrée une dictée pour les élèves de seconde. Cette association de professeurs de lettres milite pour un retour à un enseignement plus traditionnel de la grammaire et de l'orthographe. Les enseignants ont soumis à un échantillon représentatif de 1 348 élèves de seconde une dictée d'une vingtaine de lignes. Conclusion : deux tiers des élèves ont eu zéro et à peine 14 % s'en tirent avec la moyenne ! Le barème était de deux points pour une faute de grammaire et un point pour une faute sur un mot.
Ah ! La voilà, l'explication ! Sollers, Foenkinos et tous les autres, ils parlent en réalité déjà aux lecteurs de demain ! A ceux que l'on forme à lire dans les classes d'aujourd'hui ! Et qui s'en foutront bien de la rectitude des phrases de leurs écrivains préférés, de la correction de leur syntaxe ! Eh !
N'est-ce pas fameux, d'être ainsi en avance sur son époque ?
N.B. Sollers ne fait pas qu'écrire mal, il relit mal les auteurs qu'il édite. Dans Bambipark, de David di Nota (qui vient de sortir chez Gallimard, dans "L'infini"), ceci, page 232 : "Repère bosniaque sur les hauteurs de Srebrenica". L'orthographe correcte est "repaire", évidemment. Mais repère, repaire, on s'en fout : on est chez Sollers, on ne s'embête pas avec ça !
Publicité